Des interprétations sociales ou politiques émeutes en 2005

Des interprétations sociales ou politiques émeutes en 2005

B. À propos du sens des émeutes

a. Des interprétations sociales ou politiques peu explicitées

Même si la plupart des journalistes évoquent la situation sociale des quartiers ou encore certaines attitudes politiques pour expliquer l’apparition des émeutes en 2005, il n’en reste pas moins qu’ils sont rares à véritablement doubler ce constat d’une interprétation sociale ou bien politique des événements. Ou tout du moins, ils sont peu nombreux à réellement le formuler. En effet, rares sont ceux qui, à l’instar de certains sociologues, parlent explicitement de mouvement social ou politique ou avancent l’existence d’un message politique présent dans ces émeutes. Si l’on retrouve ce type d’interprétation de manière sous-jacente dans certains entretiens – nous avons déjà pu le voir –, il est rarement énoncé comme tel. Seule l’abondance du discours sur les problèmes et les causes sociales des émeutes mais aussi quelques phrases plus explicites, nous renseignent sur l’interprétation sociale ou même politique que ces journalistes peuvent porter aux événements.

Si Karl Laske (Libération) parle quant à lui, au

La mort de Zyed et Bouna et Le « comburant » Sarkozy

La mort de Zyed et Bouna et Le « comburant » Sarkozy

II. REPRESENTATIONS DES JOURNALISTES ET DISCOURS PRODUITS

Aussi nous venons de le voir, le poids des journalistes dans l’orientation du traitement d’un quotidien est une donnée à prendre en compte. Aussi nous allons tenter ici, de dégager les différentes représentations que peuvent avoir les journalistes quant aux émeutes. Pour cela, nous avons choisi ici d’analyser, dans un premier temps, les causes que les journalistes identifient pour expliquer la survenue et l’extension des émeutes et dans un second temps, le sens qu’ils donnent à ces émeutes, les grilles de lectures qu’ils mobilisent pour les analyser. Et plutôt que de nous concentrer sur chaque journaliste ou chaque groupe de journalistes d’un quotidien et de détailler son discours sur les émeutes, nous avons choisi d’aborder leurs représentations thématiquement et de voir pour toutes ces thématiques, quel discours chacun d’entre eux a pu produire. Aussi, les thématiques que nous allons aborder dans chaque partie n’ont pas été pré-établies mais ont été déterminés principalement par les thèmes et les sujets que les journalistes ont abordés au cour des

Contraintes inhérentes au travail journalistique : bouclage et rubricage

Contraintes inhérentes au travail journalistique : bouclage et rubricage

B. Des contraintes inhérentes au travail journalistique

Au-delà des contraintes liées à la couverture du phénomène émeutier, le fonctionnement des quotidiens et la manière de travailler des rédactions et des journalistes – nous l’avons dit – doivent également être pris en compte, pour comprendre le travail journalistique produit lors des émeutes de 2005. L’étude des entretiens réalisés permet tout d’abord, de mettre au jour, une contrainte de temps liée aux horaires de bouclage des quotidiens, de voir ensuite que le rubricage et le morcellement des services peuvent limiter le traitement de l’information et enfin de saisir en quoi la hiérarchie et la ligne éditoriale d’un quotidien peuvent orienter et contraindre le travail des journalistes. Nous allons donc aborder successivement ces trois éléments.

a. Le bouclage : une contrainte de temps

De manière générale, de nombreuses contraintes temporelles pèsent sur le fonctionnement des rédactions des quotidiens : les différentes conférences de rédactions et notamment celle du matin qui signe le départ de la journée, mais surtout – ce qui nous intéresse ici – le

Médias et émeutes 2005 : contraintes liées au phénomène émeutier

Médias et émeutes 2005 : contraintes liées au phénomène émeutier

Le discours médiatique à l’aune du travail et des représentations journalistiques – Partie III :

Afin de tenter de mettre en perspective le discours produit par les cinq quotidiens de notre corpus et de comprendre les choix et les différentes orientations de leur traitement, nous souhaitons donc, dans cette dernière partie, étudier le cadre de travail dans lequel les journalistes ont évolué ainsi que les contraintes auxquelles ils ont été soumis, et analyser les différentes représentations qu’ils peuvent avoir des événements et de leurs causes. Le but est donc de trouver dans ces deux domaines d’autres éléments explicatifs que ceux que nous avons déjà pu dégager et d’adopter une démarche “compréhensive” du travail journalistique. Et pour nous, comme nous l’avons avancé dans l’introduction, la compréhension du travail et de la production des médias passe d’une part, par l’étude du journalisme “en train de se faire” et d’autre part, par la recherche des représentations que peuvent avoir les journalistes quand au sujet qu’ils traitent.

Et cela parce que nous pensons, au vu de nos lectures, que les

Un traitement factuel des événements de 2005 : Le Progrès

Un traitement factuel des événements de 2005 : Le Progrès

III. UN TRAITEMENT FACTUEL DES EVENEMENTS : LE PROGRES

Le traitement du Progrès, seul quotidien régional de notre corpus, se démarque fortement des autres quotidiens. Et cela parce que contrairement aux autres journaux, Le Progrès a privilégié un traitement particulièrement abondant des violences et des nuits d’affrontements. Près de la moitié de son corpus est consacrée à cette dimension des événements. Or, nous l’avons vu, cette dimension, tout de même présente dans l’ensemble des corpus, n’est que peu développée par les quotidiens nationaux. En effet, si dans les premiers jours, ils fondent leurs articles sur le récit des premiers incidents, ils se détournent rapidement de cet unique angle de traitement et privilégient des traitements plus analytiques, moins factuels. Les violences ne sont pas totalement écartées du discours des quotidiens nationaux mais n’en constituent qu’un aspect mineur. Et cela même pour Le Figaro qui consacre un peu plus de 20% à cet aspect du traitement.

La nature du traitement du Progrès n’est pas la seule dissemblance observable. La morphologie de son traitement et l’importance qu’il accorde